Cinéphile m'était conté ...

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Sorties 2019


Mon année Favorite (2019)

 

En tête de mon classement annuel depuis sa sortie en février, La favorite de Yorgos Lanthimos a résisté à tous les assauts pour s'imposer dans mon Top final. Le film précède La chute de l'empire américain, Proxima et Genèse, qu'on retrouve assez peu dans les bilans annuels que j'ai pu lire, à la différence de Joker et de So long, my Son qui arrivent en 5 et 6ème position dans mon palmarès. Dans mes 20 premiers, je recense la présence de 5 films français (étonnant ?), 4 américains et 2 canadiens mais aussi des longs-métrages venus de Chine, d'Espagne, d'Israël, de Corée, d'Allemagne, d'Italie, de Palestine, du Brésil et d'Algérie. Je suis évidemment très heureux de cette diversité géographique que je compte bien continuer à cultiver.

Et maintenant, place à 2020 ...

 

Classement 2019 :

 

 

1. ‌LA FAVORITE

2. LA CHUTE DE L'EMPIRE AMERICAIN

3. PROXIMA

4. GENESE

5. JOKER

6. SO LONG, MY SON

7. DOULEUR ET GLOIRE

8. PORTRAIT DE LA JEUNE FILLE EN FEU

9. THE REPORTS ON SARAH AND SALEEM

10. THE IRISHMAN

 

PARASITE

J'ACCUSE

SIBEL

303

DEUX MOI

LE TRAITRE

IT MUST BE HEAVEN

LA VIE INVISIBLE D'EURIDICE GUSMAO

PAPICHA

ONCE UPON A TIME ... IN HOLLYWOOD

GRACE A DIEU

BORDER

L'ANGE

LA MULE

NUESTRO TIEMPO

LES OISEAUX DE PASSAGE

COMPANEROS

CEUX QUI TRAVAILLENT

UNE VIE CACHEE

UN GRAND VOYAGE VERS LA NUIT

LE CHANT DU LOUP

LES MISERABLES

DUMBO

TOLKIEN

L'ADIEU A LA NUIT

HER JOB

LES MOISSONNEURS

EL REINO

LES ETERNELS

YULI

TEL AVIV ON FIRE

LITTLE JOE

ROSIE DAVIS

ROJO

MARTIN EDEN

UNE GRANDE FILLE

LA BELLE EPOQUE

NOURA RËVE

GLORIA MUNDI

 

50. PIRANHAS

DOUBLES VIES

YESTERDAY

LES DEUX PAPES

HORS NORMES

BACURAU

LA BONNE REPUTATION

LOLA VERS LA MER

LA VERITE

LE ROI

BIENVENUE A MARWEN

UNE INTIME CONVICTION

GOLDEN GLOVE

MADE IN BANGLADESH

SYMPATHIE POUR LE DIABLE

MARRIAGE STORY

DIEU EXISTE, SON NOM EST PETRUNYA

UN JOUR DE PLUIE A NEW YORK

UN MONDE PLUS GRAND

MA VIE AVEC JOHN F. DONOVAN

L'INCROYABLE HISTOIRE DU FACTEUR CHEVAL

SORRY WE MISSED YOU

GREEN BOOK

SI BEALE STREET POUVAIT PARLER

CAMILLE

CELLE QUE VOUS CROYEZ

MON INCONNUE

GLORIA BELL

TREMBLEMENTS

THE PLACE

LOS SILENCIOS

FACTORY

WORKING WOMAN

LE DAIM

IN FABRIC

JEUNE JULIETTE

BLANCHE COMME NEIGE

LE JEUNE AHMED

ROUBAIX, UNE LUMIERE

LE MARIAGE DE VERIDA

AU BOUT DU MONDE

ASTRID

NEVADA

JOEL, UNE ENFANCE EN PATAGONIE

FOLLE NUIT RUSSE

PERDRIX

COLETTE

L'INSENSIBLE

LA LUTTE DES CLASSES

YVES

 

100. MJOLK

VIENDRA LE FEU

90'S

CONSEQUENCES

WILD ROSE

CONTINUER

ASAKO I&II

IN MY ROOM

THE DEAD DON'T DIE

MANTA RAY

EMMA PEETERS

ET PUIS NOUS DANSERONS

BROOKLYN AFFAIRS

LE LAC AUX OIES SAUVAGES

LE MANS 66

LE GANGSTER, LE FLIC ET L'ASSASSIN

THE LIGHTHOUSE

SEULES LES BETES

MATTHIAS & MAXIME

REZA

AD ASTRA

ALICE ET LE MAIRE

SUNSET

WALTER

RICORDI ?

THE LAUNDROMAT

CHAMBRE 212

ACUSADA

MON CHIEN STUPIDE

JEANNE

FETE DE FAMILLE

JESUS

VICTOR ET CELIA

THALASSO

THE OPERATIVE

CHARLOTTE A 17 ANS

ZOMBI CHILD

FACE A LA NUIT

KOKO-DI KOKO-DA

ADULTS IN THE ROOM

OLEG

ATLANTIQUE

LA DERNIERE FOLIE DE CLAIRE DARLING

LUNE DE MIEL

AU NOM DE LA TERRE

FREEDOM

L'ARBRE DE SANG

EDMOND

SIBYL

ROCKETMAN

 

150. REBELLES

LA CAMARISTA

UNE PART D'OMBRE

LE VENT DE LA LIBERTE

ANNA, UN JOUR

UN COUP DE MAITRE

EUFORIA

NOTRE DAME

LILLIAN

LES ETENDUES IMAGINAIRES

LES HIRONDELLES DE KABOUL

TROIS JOURS ET UNE VIE

RETOUR DE FLAMME

L'AUTRE CONTINENT

L'ORPHELINAT

L'OEUVRE SANS AUTEUR

CAPRI-REVOLUTION

LE MYSTERE HENRI PICK

WE THE ANIMALS

LES TEMOINS DE LENDSDORF

ENTRE LES ROSEAUX

PETITE FORET

NOUREEV

PEU IMPORTE SI L'HISTOIRE NOUS CONSIDERE COMME DES BARBARES

L'HEURE DE LA SORTIE

THE OLD MAN & THE GUN

STAN & OLLIE

LA FAMILIA

COMME SI DE RIEN N'ETAIT

TERET

LA MISERICORDE DE LA JUNGLE

REVES DE JEUNESSE

GRETA

LES DRAPEAUX DE PAPIER

MY BEAUTIFUL BOY

PASSION

CONVOI EXCEPTIONNEL

DEBOUT SUR LA MONTAGNE

ALPHA THE RIGHT TO KILL

LES INVISIBLES

MATAR A JESUS

C'EST CA L'AMOUR

QUI A TUE LADY WINSLEY

VIVRE ET CHANTER

FRANKIE

LONG WAY HOME

NOS VIES FORMIDABLES

LES ENVOUTES

SERGIO ET SERGEI

ULYSSE & MONA

 

200. MOSKVITCH MON AMOUR

CHANSON DOUCE

L'ANGLE MORT

MAIS VOUS ETES FOUS

GIVE ME LIBERTY

TOUT CE QU'IL ME RESTE DE LA REVOLUTION

NEVER GROW OLD

UNE FILLE FACILE

MIDSOMMAR

LE CHARDONNERET

ANNA

NOUS FINIRONS ENSEMBLE

NUITS MAGIQUES

AU COEUR DU MONDE

LA FEMME DE MON FRERE

FUGUE

US

LES FAUSSAIRES DE MANHATTAN

LES EBLOUIS

VIF-ARGENT

JUST CHARLIE

STYX

RIVER OF GRASS

ROADS

DEUX FILS

DERNIER AMOUR

BOY ERASED

MARIE STUART, REINE D'ECOSSE

LES PLUS BELLES ANNEES D'UNE VIE

UN HAVRE DE PAIX

11 FOIS FATIMA

VITA & VIRGINIA

TU MERITES UN AMOUR

TERMINAL SUD

RAOUL TABURIN

CURIOSA

ARCTIC

SORRY TO BOTHER YOU

VICE

CASTING

PETRA

L'ORDRE DES MEDECINS

FORGIVEN

AYKA

AN ELEPHANT SITTING STILL

LA SAINTE FAMILLE

L'OSPITE

LE DESERTEUR

APRES LA NUIT

TANGUY, LE RETOUR

 

250. DUELLES

PERSONA NON GRATA

UN TRAMWAY A JERUSALEM

MEURS, MONSTRE, MEURS

CONTRE TON COEUR

SYNONYMES

SANG FROID

UN BEAU VOYOU

HER SMELL

LES PARTICULES

LES ESTIVANTS

 

 

 

 

 


02/01/2020
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Christ et chuchotements (Jésus)

 

Jésus, du débutant japonais Hiroshi Okuyama, n'a rien d'une toile de maître mais ressemble plutôt à une esquisse, chose normale considérant les 22 ans du cinéaste, au moment du tournage. Une œuvre sans doute en grande partie autobiographique, filmée à hauteur d'enfant, dont les adultes ne sont que des figures d'ordre et d'autorité. Jésus s'attache aux pas d'un jeune garçon taciturne qui découvre un nouveau lieu de vie et de scolarité et dont le rapport à la foi le confronte à des interrogations et à des espérances lesquelles pourraient bien être déçues. Le film est simple mais pas simpliste, réussissant assez bien à combiner les genres de la chronique ironique à la mélancolie jusqu'au drame, sans oublier une touche de fantastique narquoise, avec un Christ et des chuchotements. Rien d'époustouflant ni dans la mise en scène ni dans le scénario mais Okuyama maîtrise son ouvrage avec sérénité, semblant parfaitement savoir où il va. La cadre, la région de Nagano en hiver et une école catholique, ont également leur importance, assurant une certaine routine qui sera bouleversée lors de la tragédie qui viendra couper le film en deux. Il est encore trop tôt pour présumer de la carrière future du cinéaste japonais mais parier sur lui, avec sa sensibilité et sa délicatesse, n'a rien d'une hérésie.

 

 

Classement 2019 : 126/259

 

Le réalisateur :

 

Hiroshi Okuyama est né le 27 février 1996 au Japon.

 

 


30/12/2019
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Le socle de la névrose (La sainte famille)

 

Jean, universitaire réputé, se retrouve ministre de la Famille, alors même qu’il est perdu dans les événements qui secouent la sienne. Voilà pour le pitch de La sainte famille qui se déroule grosso modo entre deux enterrements, alors que deux naissances s'annoncent. Le film chemine de façon sinueuse entre les différents membres d'un clan pour le moins disparate et est censé nous montrer que "la famille est le socle du vivre ensemble" mais aussi "celui de la névrose", selon les propres mêmes du ministre fraîchement nommé. L'ironie est sous-jacente mais le ton du film est plutôt à la mélancolie douce avec des personnages dans l'ensemble peu développés hormis pour Jean, joué par le réalisateur Louis-Do de Lencquesaing, qui ne s'est pas privé de se donner le rôle principal, omniprésent mais au caractère un peu neutre, qui n'a pas grand chose d'attachant ni de remarquable. Il est bien dommage, quand on s'entoure d'actrices comme Marthe Keller, Laura Smet ou Léa Drucker, de leur donner aussi peu de texte à défendre. Plus grave, l'espèce de monotonie grise qui s'installe, la moitié des scènes, au moins, n'ayant pas au fond de grande utilité. Elles auraient pu être remplacées par d'autres, tout aussi anodines, sans que l'esprit du film en soit changé. Ni réellement désagréable, ni vraiment ennuyeux, La sainte famille se révèle surtout terne et sans enjeux autres que de nous donner à voir une famille dysfonctionnelle comme tant d'autres et dont les agissements et les comportements ont bien du mal à passionner.

 

 

Classement 2019 : 243/258

 

Le réalisateur :

 

Louis-Do de Lencquesaing est né le 25 décembre 1963 à Paris. Il a réalisé Au galop.

 


27/12/2019
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Il pleut sur la chasse à l'homme (Le lac aux oies sauvages)

 

Repéré avec notamment Train de nuit et l'impressionnant Black Coal, Diao Yi'nan figure parmi les cinéastes les plus prometteurs du moment. Ce que Le lac des oies sauvages ne confirme qu'à moitié tant ce polar nocturne et pluvieux se prend un peu les pieds dans le tapis, dans une stylisation extrême dont les qualités d'atmosphère ne peuvent masquer les défaillances d'un scénario principalement répétitif et contemplatif. Qu'il y règne une certaine opacité dans son récit, ce n'est pas si grave, c'était aussi le cas dans Un grand voyage vers la nuit de Bi Gan mais ce dernier avait pour lui un côté onirique assez fascinant (pas pour tout le monde, évidemment) qu'on ne trouve pas dans Le lac des oies sauvages. L'aspect romanesque, voire romantique du film est sous-jacent mais s'efface devant l'architecture alambiquée et pas si originale que cela de la trame policière, malgré le talent certain du metteur en scène, qui semble d'ailleurs en être un peu trop conscient. La virtuosité du film a quelque chose d'un peu gratuit dans cette chasse à l'homme qui n'est pas loin de tourner en rond et même à vide, loin d'égaler son modèle revendiqué, M le maudit de Fritz Lang.

 

 

Classement 2019 : 108/257

 

Le réalisateur :

 

Diao Yi'nan est né en 1969 à Xi'an (Chine). Il a réalisé Uniforme, Train de nuit et Black Coal.

 


26/12/2019
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Une mère cinglante (La vérité)

 

Après Kiyoshi Kurosawa et une expérience désastreuse (Le secret de la chambre noire), au tour du palmé Hirokazu Kore-eda de se lancer dans un tournage français avec notamment Deneuve et Binoche. Sans être son meilleur film, loin de là, La vérité reste typique du cinéaste japonais, plutôt lent au démarrage mais de plus en plus enthousiasmant à mesure du déroulement de l'intrigue, avec quelques jolies scènes sur la fin, toutes empreintes de subtilité et de poésie. Il s'agit une fois encore "d'une affaire de famille" et plus particulièrement d'une relation complexe entre mère et fille, la première, actrice de son état, se caractérisant par une mauvaise foi systématique, un caractère difficile et un égocentrisme forcené. La vérité intègre avec bonheur l'histoire d'un tournage dans le film qui en dit long sur la compétition entre actrices, y compris avec une défunte. Moments traités avec la finesse coutumière de Kore-eda, entre méchanceté et tendresse. Évidemment, dans le rôle de cette comédienne arrogante et un peu fêlée (dans tous les sens du terme), Catherine Deneuve est impériale, jubilant véritablement à jouer ce personnage autoritaire et cinglant. Juliette Binoche apparait comme un peu en retrait et c'est la jeune Manon Clavel, à la voix envoûtante, qui se révèle, encore inconnue mais vraisemblablement plus pour très longtemps.

 

 

Classement 2019 : 58/256

 

Le réalisateur :

 

Hirokazu Kore-eda est né le 6 juin 1962 à Tokyo. Il a réalisé 14 films dont Nobody knows, Après la tempête et Une affaire de famille.

 


25/12/2019
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Points cardinaux (Les deux papes)

 

Perdu de vue depuis quelques années, le cinéaste brésilien de La cité de Dieu, Fernando Meirelles, revient avec Les deux papes, dont le scénario et le casting prestigieux auraient mérité une exposition dans les salles françaises, comme c'est le cas dans plusieurs pays. Tant mieux pour les abonnés de Netflix qui auront pu en quelques semaines voir les derniers Scorsese, Michôd et Baumbach, excusez du peu. Les conversations imaginaires entre un pape sur le point de renoncer à sa charge (Benoît XVI) et son futur successeur (François) constituent le plan de résistance d'un film qui utilise avec intelligence images d'archives et dialogues plausibles, eu égard à la personnalités des deux souverains pontifes. Et si Les deux papes est passionnant, c'est qu'il n'est pas qu'objet à rhétorique, traçant des portraits on ne plus sensibles d'hommes marqués par leur passé et leurs remords, en Allemagne et en Argentine, au temps des dictatures. Cependant, le film est beaucoup plus proche du pape actuel, revenant sur son passé quitte à prendre quelques libertés avec son histoire, et cette empathie se sent aussi dans le jeu de Jonathan Pryce, beaucoup plus libéré que celui d'Anthony Hopkins. L'affrontement entre deux visions de l’Église qui s'opposent diamétralement, comme deux points cardinaux, c'est le cas de le dire, nourrit la première partie du long-métrage, permettant de survoler les principaux thèmes de friction qui agitent toujours la communauté catholique. Mais le film est surtout réussi par son évolution vers la compréhension qui finit par se faire jour entre les deux papes, avec l'écoute qu'ils finissent par s'accorder, en dépit de leurs désaccords fondamentaux. L'aspect rigoureux du film, qui lui donne parfois une certaine sécheresse, est heureusement contredit parfois par la mise en scène, la musique et l'humour, caractérisé par une poignée de scènes savoureuses (la pizza, le football, la réservation d'un vol). L'occasion de montrer qu'au delà de ses sérieuses prérogatives, un pape n'en est pas moins un homme (presque) comme les autres.

 

 

Classement 2019 : 53/254

 

Le réalisateur :

 

Fernando Meirelles est né le 9 novembre 1955 à Sao Paulo. Il a réalisé 8 films dont La cité de Dieu, The Constant Gardener et Blindness.

 


23/12/2019
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Horizon bouché (Au cœur du monde)

 

Contagem, ville périphérique de Belo Horizonte. L'horizon, justement, est particulièrement bouché pour ses habitants des quartiers populaires, sans grand espoir d'atteindre le "cœur du monde", soit une autre vie, moins précaire et plus digne. Dans ce film choral, Gabriel et Maurilio Martins parlent de gens qu'ils connaissent bien, proches de ceux avec lesquels ils ont grandi, ce qui donne à Au cœur du monde une authenticité certaine, renforcée par le travail sur la bande sonore qui donne l'impression d'une immersion totale. Le film est sincère, brutal et politique mais sa narration semble malgré tout erratique, les événements s'enchaînant dans une sorte de désordre qui dessert son propos. C'est encore plus vrai dans sa dernière partie, quand le long-métrage se transforme en thriller, avec un braquage dont on a du mal à saisir tous les tenants et les aboutissants. La forme collective du film qui ne donne la vedette à aucun personnage en particulier participe de sa force de conviction mais contribue dans le même temps à disperser l'attention avec un côté foisonnant qui dilue l'émotion qui devrait être suscitée. Une deuxième vision du film contribuerait sans doute à davantage l'apprécier tant il y a là une frustration agaçante à ne pas pouvoir s'impliquer plus et à ressentir la tension ambiante.

 

 

Classement 2019 : 200/253

 

Les réalisateurs :

 

Maurilio Martins et Gabriel Martins sont nés en 1978 et 1987, au Brésil. Ils ont réalisé 4 courts-métrages.

 


22/12/2019
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Une odeur de rôti (Après la nuit)

 

Une question reste en suspens jusqu'au bout d'Après la nuit, premier long-métrage du roumain Marius Olteanu : d'où vient donc l'odeur de rôti qui flotte autour de l'appartement du couple "vedette" du film. Plus sérieusement, hormis cette énigme accessoire, le film se caractérise par une prétention formelle (format carré, division en 3 segments chapitrés) que contredit un scénario d'un intérêt très limité. D'une certaine manière, Après la nuit pourrait être une satire du cinéma roumain, quand on s'attarde sur certaines de ses constantes, mais encore eût-il fallu qu'il possède un minimum d'humour, ce qui est loin d'être le cas. Son interminable première partie, constituée d'un dialogue entre une jeune femme à moitié hagarde et un chauffeur de taxi à demi compatissant, donne le ton avec ses dialogues anodins et ses lenteurs exagérées. Rien ne viendra ensuite provoquer le moindre émoi autour du vague thème du vivre ensemble sous la pression sociale. Les deux personnages principaux, qui ne sont pas à plaindre, étant donné leur niveau de vie, ne suscitent aucune sympathie et leurs problèmes existentiels ne méritaient assurément pas qu'on leur consacre un scénario.

 

 

Classement 2019 : 240/252

 

Le réalisateur :

 

Marius Olteanu est né le 15 juillet 1979 à Bucarest. Il a réalisé 5 courts-métrages.

 


21/12/2019
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Oraison allègre (Emma Peeters)

 

Emma Peeters a décidé de se suicider le jour de ses 35 ans. Cette actrice d'origine belge a été incapable de s'imposer à Paris et elle ne voit pas d'autre option dans l'immédiat. Qu'on se rassure, le film de Nicole Palo est une comédie qui louvoie entre humour noir, mélancolie et sens de l'absurde. Le ton est vif, les dialogues bien balancés et le rythme assuré. Ce qui est dommage, c'est que le scénario est un peu mince et que sa progression est cousue de fil blanc. De plus, les seconds rôles n'y sont guère étoffés et sont porteurs de clichés que l'on devrait pouvoir éviter (les coiffeurs homos, les parents péquenauds). Oui, mais voilà, l'interprète principale d'Emma Peeters, quasi présente en continu, c'est la merveilleuse Monia Chokri. On l'a vue meilleure encore chez Dolan, notamment, mais elle a l'occasion ici de faire feu de tous bois et c'est un régal pour ceux qui l'aiment, évidemment. Grâce à elle et à quelques scènes divertissantes, on passe plutôt un moment agréable devant ce film sans prétention. Pour une oraison allègre.

 

 

Classement 2019 : 104/251

 

La réalisatrice :

 

Nicole Palo est née en 1977 à Bruxelles. Elle a réalisé Get Born.

 


20/12/2019
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Tempête sous deux cranes (The Lighthouse)

 

 

Certains cinéphiles ont sans doute vu The Pjantom Light (1935) de Michael Powell qui, tout en n'étant pas le meilleur ouvrage du maître britannique, posait déjà les jalons de ce qui devenu une sorte de genre : le film autour de la figure du gardien de phare, avec pour ingrédients immarcescibles : la solitude, la frustration et la démence qui guette. The Lighthouse reprend ces thèmes en isolant deux personnages, le chef (vieux loup de mer) et son subordonné (jeune instable) au milieu de l'océan. Format carré, noir et blanc, mise en scène expressionniste : tout est en place pour que la tempête se déchaîne, en mer comme sous les cranes. Avec son long prologue, sans qu'aucune parole ne soit échangée, le film de Robert Eggers semble marcher sur les brisées du cinéma muet et ce n'est pas une mauvaise idée. Mais assez rapidement, The Lighthouse vire à l'exercice du style avec une narration qui sonne un peu le creux et ses symboles outrés (le phare comme objet phallique). L'affrontement entre les deux hommes donne lieu à tout un tas de scènes croquignolettes et il y a un moment où l'on se prendrait presque à espérer que le long-métrage jouât la carte du grotesque mais c'est méconnaître l'esprit de sérieux d'une entreprise qui vise avant tout à épater la galerie, ce qui n'est évidemment pas tenable sur la longueur, à moins d'être un génie du cinéma, et encore. Impressionné par la maîtrise formelle de Eggers, on l'est assurément, mais peu comblé en même temps par un récit qui se nourrit de fantasmes et d'une escalade émotionnelle proche des films d'horreur. C'est loin d'être une débâcle, cependant, car le duo Dafoe/Pattinson tient plus que ses promesses, le deuxième réussissant même, c'est plutôt inattendu, à se hisser au haut niveau du premier. Pas un désastre, tout au plus une déception vu les ambitions affichées.

 

 

Classement 2019 : 108/250

 

Le réalisateur :

 

Robert Eggers est né le 7 juillet 1983 à Lee (Etats-Unis). Il a réalisé The Witch.

 


19/12/2019
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